Contexte

Un conseiller sur l’exercice de la profession de l’Ordre reçoit un appel d’Esther – une ergothérapeute offrant des soins dans la communauté – pour discuter de la demande d’une cliente qui veut enregistrer une séance d’ergothérapie. Esther se demande si elle devrait permettre l’enregistrement de la séance. Elle communique avec le conseiller pour savoir s’il existe des ressources sur le site Web de l’Ordre pour l’aider à prendre une décision.

Le conseiller mentionne que l’enregistrement d’une séance d’ergothérapie peut être demandé pour diverses raisons. Par exemple :

  • enregistrement d’une évaluation ou d’une intervention pour la partager avec des membres de la famille ou des soignants;
  • enregistrement de séances à des fins légales dans le cas de blessures personnelles;
  • enregistrement des progrès de la cliente pour faire un suivi des changements.

Le conseiller suggère à Esther de consulter le document de l’Ordre intitulé Collaborer avec des tiers payeurs. Il lui suggère également de consulter une ressource externe qui pourrait lui être utile : Lois canadiennes sur les enregistrements audio et vidéo (en anglais).

Esther remarque que le document de l’Ordre précise ce qui suit : « Toute décision concernant une demande d’enregistrement audio ou vidéo du service ergothérapeutique, … devrait [idéalement] être discutée d’avance et acceptée par toutes les parties avant de commencer. ». Esther consulte aussi la ressource sur les lois sur les enregistrements audio et vidéo pour l’Ontario.

Considérations

Risques et bienfaits

Esther sait qu’un enregistrement audio ou vidéo ne représentera peut-être pas adéquatement son analyse et son opinion. Elle pense aux risques possibles si elle accepte d’enregistrer la séance.

Elle pense aux risques liés à la protection de la vie privée si l’enregistrement n’est pas fait sur un réseau sécurisé et qu’il y a un danger d’accès non autorisé. Elle réfléchit également à l’impact de la présence d’un dispositif d’enregistrement qui peut causer des distractions et affecter le déroulement et les résultats de l’évaluation. Esther reconnaît tout de même qu’il peut y avoir des bienfaits apportés par l’enregistrement de la séance parce que ceci aiderait la cliente à se rappeler de la discussion, montrerait les changements fonctionnels ou pourrait démontrer l’utilisation appropriée d’équipement.

Processus professionnels et organisationnels

Esther consulte le site Web de l’Ordre pour trouver d’autres documents de référence et décide d’utiliser le cadre décisionnel pour identifier ses options et déterminer ce qu’elle devrait faire. Esther examine les politiques de son organisme qui exigent une approbation écrite et l’obtention du consentement de toutes les parties impliquées dans un enregistrement audio ou vidéo.

Impact sur la relation thérapeutique en cas de refus

Esther reconnaît que si elle refuse l’enregistrement de la séance parce que ceci la rend inconfortable, elle peut affecter la relation thérapeute-cliente. Elle sait que si elle refuse la demande, elle doit documenter son raisonnement dans le dossier de la cliente.

Résultat

Esther parle avec la cliente pour mieux comprendre la raison de sa demande d’enregistrement de la séance. La cliente explique que sa mère ne peut pas assister à la séance et aimerait voir comment elle se débrouille durant l’évaluation.

Esther précise certains des risques et des bienfaits de l’enregistrement de la séance. Elle avise la cliente que certains renseignements personnels sur la santé peuvent être communiqués pendant l’enregistrement de la séance et poser des problèmes de confidentialité si la cliente partage l’enregistrement avec d’autres personnes.

Esther discute également de la politique de son organisme qui exige une approbation préalable avant de faire un enregistrement audio ou vidéo. Esther et sa cliente décident d’enregistrer seulement une partie de la séance lors du prochain rendez-vous.

Conclusion

Les ergothérapeutes doivent reconnaître que leurs clients peuvent avoir des raisons précises et valides de demander un enregistrement audio ou vidéo de séances d’ergothérapie. Les ergothérapeutes devraient obtenir une explication de la demande et confirmer les attentes de ces clients. Ils devraient continuer à axer leurs services sur leurs clients et essayer d’accommoder ces demandes d’enregistrement. Chaque décision concernant les demandes d’enregistrement audio ou vidéo de séances d’ergothérapie devrait être discutée à l’avance et les deux parties devraient se mettre d’accord sur la décision.

Certains organismes ont des politiques ou procédures concernant l’enregistrement d’interactions entre le thérapeute et le client. Le client devrait fournir son consentement éclairé pour un enregistrement audio ou vidéo, même s’il est celui qui en a fait la demande. L’ergothérapeute devrait documenter l’entente entre le thérapeute et le client concernant l’obtention du consentement, l’utilisation et l’accès de l’enregistrement par les deux parties ainsi que sa rétention. L’ergothérapeute devrait répondre à l’avance à toute question concernant l’entreposage, la copie, la divulgation et l’interprétation de l’enregistrement. Les ergothérapeutes peuvent aussi obtenir des conseils légaux pour bien comprendre tout problème possible lié à la gestion des risques.

Il peut y avoir des situations dans le cadre desquelles un ergothérapeute ne sait pas qu’il est ou a été enregistré. Les clients peuvent avoir des dispositifs numériques personnels, ou un ergothérapeute peut observer des caméras dans la résidence d’un client (comme des caméras de sécurité ou des webcams privées). Ces clients ont légalement le droit de posséder et d’utiliser ces appareils. Les ergothérapeutes peuvent penser qu’il n’est pas juste qu’ils soient enregistrés sans qu’ils le sachent, mais ils devraient toujours agir d’une façon éthique et professionnelle. Donc ils devraient toujours se comporter comme s’ils étaient enregistrés.

Pour plus d’information

Pour toute question sur ce cas ou pour suggérer des sujets pour des cas futurs, communiquez avec le Service de ressources sur l’exercice de la profession au 1 800 890-6570/416 214-1177, poste 240, ou practice@coto.org.

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