Que devrais-je faire quand un client divulgue un problème de violence familiale? 

Contexte

oleen est une ergothérapeute responsable de la pratique professionnelle pour une agence offrant des services à domicile et en milieu communautaire. Depuis que le personnel a recommencé à offrir plus de séances en personne, Joleen a remarqué un nombre accru d’appels d’ergothérapeutes recherchant un appui pour gérer des situations dans le cadre desquelles des clients signalent des problèmes de violence familiale à la maison. Joleen aimerait fournir des conseils et un appui aux membres de l’équipe qui doivent gérer ces situations difficiles. 

Les ergothérapeutes veulent savoir s’ils ont un devoir de signaler des situations de violence familiale. Joleen consulte le site Web de l’Ordre pour connaître les attentes de l’Ordre et les obligations des ergothérapeutes en la matière. 

Considérations

Joleen examine le site Web de l’Ordre pour voir s’il y a des normes et ressources pertinentes. Comme il n’existe pas une position précise concernant la violence familiale, elle décide de communiquer avec un conseiller sur l’exercice de la profession de l’Ordre pour discuter des obligations des ergothérapeutes lorsque des clients divulguent des cas de violence familiale. 

Résultat

Joleen apprend que contrairement à l’obligation de signaler un cas d’enfant ayant besoin de protection ou des mauvais traitements d’ordre sexuel infligés par un professionnel à un client, il n’existe pas d’obligation légale de signaler des cas de violence familiale. Lorsqu’un ergothérapeute est avisé d’un problème de violence familiale, il doit d’abord déterminer si le client est capable de prendre ses propres décisions. Si c’est le cas, l’ergothérapeute doit respecter le droit du client à prendre des décisions concernant sa vie. L’ergothérapeute peut fournir un soutien et de l’information sur des ressources communautaires et des lignes téléphoniques en cas de crise. Un ergothérapeute ne peut pas prendre d’autres mesures sans le consentement du client. 
 
Il peut toutefois exister des situations où le client ou d’autres personnes sont en danger immédiat. On s’attend alors à ce que l’ergothérapeute prenne des mesures appropriées (par exemple si l’ergothérapeute arrive au domicile d’une cliente et observe une maltraitance en cours) et compose le 9-1-1 pour obtenir de l’aide. Dans ces rares situations, le consentement du client n’est pas requis puisque le risque de préjudice a priorité.  
 
Après avoir parlé avec le conseiller de l’Ordre, Joleen décide qu’il serait utile d’établir des protocoles pour aider les ergothérapeutes à répondre à ce genre de situations. 
 
Joleen planifie d’inclure les stratégies suivantes :  

  • Prendre le temps d’écouter les inquiétudes du client – l’ergothérapeute peut être la seule personne à qui le client fait confiance pour divulguer un problème de violence familiale. L’ergothérapeute peut poser des questions d’approfondissement pour mieux comprendre la situation et évaluer le niveau de risque/danger pour le client et d’autres personnes. 
  • Aviser un chef de service direct, tel que requis par l’organisme.  
  • Discuter d’un plan d’urgence ou de sécurité ainsi que de mesures pouvant être prises. 
  • Être au courant des ressources communautaires, comme les lignes téléphoniques en cas de crise, les refuges et les conseillers juridiques qui sont disponibles pour les clients victimes de violence familiale. 
  • Songer à acheminer le client vers des professionnels appropriés (comme des travailleurs sociaux) qui fournissent des services aux personnes victimes de violence. 
  • Documenter l’information pertinente et toute mesure prise dans le dossier clinique. L’ergothérapeute doit comprendre qu’il consigne des renseignements délicats auxquels d’autres personnes peuvent avoir accès. L’ergothérapeute devrait consulter son employeur pour savoir le meilleur endroit dans le dossier pour consigner cette information. 
  • On conseille aux ergothérapeutes de surveiller leurs propres pensées, émotions et réactions à la suite de la divulgation de violence familiale par un client. Si ces événements affectent l’ergothérapeute, il devrait obtenir le soutien nécessaire pour assurer son propre bien-être. 

Conclusion

En tant qu’ergothérapeutes, vous pouvez affronter des situations où des clients divulguent des préjudices ou de l’information préoccupante. L’Ordre encourage la communication et la collaboration avec les clients pour mieux comprendre ces situations. Les ergothérapeutes doivent se servir de leur jugement clinique pour déterminer si des actions sont appropriées selon le contexte. Des discussions avec votre employeur ou des collègues peuvent vous aider à gérer ce genre de situations. Le but est d’appuyer le client tout en restant objectif, professionnel et réceptif.  

Pour plus d’information

Pour toute question sur ce cas ou pour suggérer des sujets pour des cas futurs, communiquez avec le Service de ressources sur l’exercice de la profession au 1 800 890-6570/416 214-1177, poste 240, ou practice@coto.org
 
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